Petites histoires de Beaumont

Beaumont avant l'électricité

par Paul Gaborit

L’éclairage:

 

Sans électricité, la plupart des travaux s’effectuaient à la lumière du jour . Les journées d’été paraissaient donc beaucoup plus longues que les journées d’hiver, surtout pour ce qui concerne les travaux des champs. A la nuit tombée, on allumait la lampe à pétrole suspendue au dessus de la table, au centre de la grande cuisine servant de salle commune. Cette lampe n’éclairait pas beaucoup ; l’intensité de l’éclairage était obtenue en remontant la mèche avec une petite roue à molette, mais assez peu puisqu’il s’en suivait rapidement une épaisse fumée noire; au-delà de la table on devait recourir à la bougie; aussi le chandelier de secours était toujours sur la cheminée avec sa boîte d’allumettes. Pour aller dans les communs (cellier,cave,écurie..) ou dans une autre pièce, où il n’y avait évidemment aucune lumière, on utilisait une bougie éventuellement placée dans une lanterne fermée ou une lampe à carbure (de calcium) résistant aux courants d’air.

L’hiver, aprés le dîner, on restait parfois bavarder en se chauffant devant la cheminée puis on regagnait la chambre à coucher en s’éclairant avec une lampe Pigeon (petite lampe à pétrole avec un verre sphérique protecteur de la flamme, utilisée aussi comme veilleuse). Dans la chambre à coucher on s’éclairait avec une autre lampe à pétrole installée à demeure sur un meuble..

L’été, même processus mais la station devant la cheminée était remplacée par un bref séjour assis ou couché sur l’herbe de la place, en bavardant avec les voisins, jusqu’à l’arrivée de la nuit noire .

Ne parlons pas des lieux d’aisance qui consistaient partout en une cabane en planches au fond des jardins.

L’éclairage électrique par dynamos sur les vélos n’a été généralisé que postérieurement à 1930. Je n’ai jamais utilisé ce genre d’éclairage mais je me souviens que trois cousins, qui fréquentaient les bals nocturnes des hameaux ou des communes voisines, utilisaient des lampes à carbure de calcium.

A ce propos une grande activité des gendarmes de l’époque 1925/30 consistait à verbaliser à la sortie de ces bals nocturnes les cyclistes imprudents dépourvus de lumière. Une autre de leurs activités consistait aussi à faire la chasse aux plaques de vélo, petit rectangle d’aluminium estampillé justifiant l’acquittement de l’impôt annuel.

Témoignage

 

  On a peine à imaginer la vie sans électricité installée à Beaumont-La Tricherie que vers 1925. Même lorsque je suis entré comme interne au Lycée de Poitiers en 1932, tous les plafonds des salles de classe comportaient encore la tuyauterie de l’éclairage au gaz. Mais la distribution de gaz n’existait que dans les villes importantes comme Poitiers ou Châtellerault et non dans les campagnes.

Avant de décrire la vie sans électricité, il faut préciser qu’au moins 95% de la population de Beaumont-La Tricherie était composée, comme dans toutes les campagnes de France, de cultivateurs ou de personnes possédant quelques parcelles de terre , de vignes et de grands jardins (et des basses cours) de sorte que toute cette population vivait en quasi-autarcie.

Il n’existait pas de marchand de légumes. Pour la boucherie-charcuterie seulement des commerçants ambulants venant de communes voisines plus importantes.

 

Beaumont, Patrimoine Culture et Traditions

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